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Sommes-nous taillés pour la course ?

26 avril 2007

L’application progressive de la Tarification à l’Activité dans les hôpitaux publics est un réveil brutal pour bon nombre d’établissements. Après des années de budget global, système critiqué mais rassurant, le passage d’une garantie de ressources à un système d’allocation de moyens en adéquation avec la production d’actes et de GHS (groupes homogènes de séjours) n’est pas sans conséquences sur notre fonctionnement quotidien. En termes plus ou moins polis et assimilables par la communauté hospitalière apparaissent des notions nouvelles : compétition/émulation, productivité/efficience sur le chemin d’une convergence public/privé sans que nous en mesurions clairement la portée et les conséquences.

Bien entendu la réforme a prévu d’identifier et de compenser les contraintes des missions de Service Public sous la forme de MIGAC (missions d’intérêt général et d’aide à la contractualisation). Pour autant les obligations d’égalité d’accès et de continuité du Service Public sont difficiles à évaluer, pèsent lourdement et tendent à devenir le monopole obligé des hôpitaux publics, spécialistes de la prise en charge des personnes démunies et non solvables, des situations d’urgence trop perturbantes pour une bonne organisation des soins … Chacun essaie aussi de répondre à la 3e règle du Service Public : l’adaptation, en conduisant plus ou moins volontairement les restructurations imposées ou qui s’imposent avec le développement des alternatives à l’hospitalisation, les regroupements de moyens, les réorientations d’activités… En pratique on observera que les établissements de santé privés savent parfaitement s’adapter aux contraintes du marché de la santé à une vitesse qui nous dépasse.

Revêtus des nouveaux habits de la nouvelle gouvernance et pour aller plus avant, ne faudrait-il pas s’intéresser aux moyens et pratiques du quotidien ? Sous la pression d’un environnement protecteur notre pratique de la fonction publique hospitalière privilégie le développement des droits souvent au détriment des devoirs, le poids des habitudes et le confort des situations acquises qui étouffent la créativité et la réactivité. A ce propos et à titre d’exemple connaissez-vous, en hôpital public, des exemples de poste de travail où le même agent vérifie l’ouverture des droits et saisit le dossier administratif, frappe le compte rendu de consultation dicté par le médecin, assure la cotation des actes et encaisse la part patient ? Pour l’anecdote j’ai même rencontré dans une clinique une secrétaire qui en plus passait la serpillière à la fin de son service. Bien entendu ce n’est pas un exemple à suivre ...

Patrice LECOMTE - CHU Toulouse

Délégué régional Midi-Pyrénées

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