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Promettez, promettez, il en restera toujours quelque chose...

25 janvier 2007

Des esprits chagrins se complaisent à dresser un sombre tableau de notre microcosme sanitaire :

- L’avalanche de réformes nous paralyse

- Les 35 heures nous étouffent

- Les contraintes du quotidien nous asphyxient

- Les revendications sociales nous épuisent

- Le poids des responsabilités nous écrase...

Après le « désenchantement » des professionnels de santé s’installe un mal-être latent, perceptible au quotidien :

- Absentéisme et démotivation

- Repli et désengagement

- Passivité et fatalisme

Signe des temps : sur nos réseaux intranet la rubrique retraite est souvent la plus visitée... Retour d’un épisode de « sinistrose » ou mal plus profond en réaction à la mondialisation des échanges et à son cortège de délocalisations, en écho au discours des « déclinologues » ?

Et pourtant les bonnes propositions ne manquent pas. Qui parmi nous n’a jamais utilisé des expressions salvatrices comme « mettre le patient au cœur du projet », « être efficient », « optimiser nos moyens et nos ressources », développer une démarche de « benchmarking »… Qui n’a pas reçu ces exhortations bienveillantes et gratuites de nos tutelles : « faire mieux (et plus) avec moins »…

Peut-être sommes-nous trop gestionnaires, trop comptables et pas assez « politiques ». Le moment est propice : observons notre environnement et tirons-en des leçons citoyennes sur le bon ton et le convenable : OUI à la « maîtrise médicale » (la bonne bien sur), NON à la « maîtrise comptable » (la mauvaise bien entendu).

A côté du dogme de l’équilibre budgétaire qui nous est rappelé avec son cortège de menaces, l’EPRD (Etat Prévisionnel des Recettes et Dépenses) nous propose une notion plus subtile de dérapage contrôlé ou maîtrisé, d’équilibre momentanément instable sauvé par l’avenir prometteur de mutualisations intelligentes et de restructurations audacieuses.

En essayant de soigner plus et mieux avec moins nous avions l’impression de devoir tenir « des promesses que l’on a pas faites », comme disait G Duhamel.

Sachons désormais nous déculpabiliser, apprenons à promettre et à croire aux promesses qui nous sont faites. André Maurois disait dans Climats : « Il est injuste et absurde de rendre les êtres comptables de leurs promesses »

L’art de diriger repose sur la capacité à donner de l’espoir et des perspectives.

Après Hôpital 2007 se profile Hôpital 2012 … Fuite en avant diront ces mêmes esprits chagrins. Peut-être, mais pourquoi pas si ce mouvement permet de tirer le quotidien dans le bon sens, d’apprendre à travailler de manière plus collective et plus ouverte, d’imaginer le futur et de libérer notre créativité et nos capacités d’adaptation.

Patrice LECOMTE

Délégué régional Midi Pyrénées

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