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Après HPST…PHST, PSHIT !

9 avril 2009

Moi, dans le projet de loi portant réforme de l’hôpital et relatif aux patients, à la santé et aux territoires, je mets le patient d’abord, c’est une question d’éthique : alors ça fait PHST. Et même PSHIT, c’est plus facile à prononcer. D’ailleurs en première lecture à l’Assemblée Nationale, certains députés ont rencontré des difficultés avec ce quatuor de lettres. Les verbatim consultables sur le site internet de l’Assemblée en font foi. Nous verrons dans quelques jours si les sénateurs sont plus fidèles à la prononciation d’origine. Mais pour paraphraser Roland Barthes, « la qualité de la prononciation cache la faiblesse sémantique ». Les mots ou l’ordre des mots n’ont pas d’importance. Molière l’avait déjà dit « Belle marquise, vos beaux yeux… ». Les actes sont autrement plus révélateurs. Que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, l’hôpital représente aujourd’hui une part prépondérante des dépenses de santé et il n’échappera pas à un regard critique sur son organisation et ses coûts. Moins couteux, les soins à distance vont devenir pour certains secteurs de l’hôpital un concurrent sérieux.

Les actions des multinationales sont aujourd’hui pleines de sens : General Electric et Intel viennent de s’associer pour contrecarrer Philips dans la santé à domicile. Ces sociétés investissent des centaines de millions de dollars pour développer des technologies de santé à domicile en direction des personnes âgées et des patients atteints de pathologie chronique (maladies cardiaques, hypertension, diabète…).

Aux Etats-Unis ou en Europe, il y a de plus en plus de personnes âgées et de plus en plus de personnes âgées malades. Ajoutées à l’augmentation des maladies chroniques et à la variation des coûts des soins hospitaliers, ces évolutions entraînent le développement rapide des « soins à distance » : c’est-à-dire une autogestion du soin qui conduit le patient à réaliser quelques tests simples (rythme cardiaque...) et à en communiquer les résultats -via le téléviseur équipé d’un boîtier spécial ou via son ordinateur - à une plate-forme de soins. En cas de signal sensible, le médecin de la plate-forme déclenche une hospitalisation ou une visite. Vous avez deviné ! Le I que j’ai ajouté pour faire PSHIT c’est Internet, le grand oublié de la loi HPST ! C’est grâce à lui que vous lisez cette tribune.

- Jean-Pierre Moissinac

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