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Marmiton.COM : la bonne recette ?

17 février 2009

Il n’y a pas si longtemps, la communication hospitalière était considérée par les chefs d’établissement au mieux comme un plan d’action anti-crise ou au pire comme un gadget coûteux. Se doter d’un chargé de communication était considéré comme un luxe, objet de désir d’un Directeur narcissique, ou comme la volonté d’ériger la méthode Coué en principe d’action en occultant tout ce qui pouvait nuire à l’établissement…
Or, force est de constater que la « Com » est devenue ces dernières années un axe essentiel de la stratégie hospitalière et un chef d’établissement peut modifier considérablement l’image de son hôpital en utilisant intelligemment toute la panoplie de la communication interne et externe.
En effet, dans le contexte de T2A et donc de compétition acharnée entre privé et public, voire même - malheureusement - entre hôpitaux publics, l’attractivité de l’établissement devient une pièce majeure de la stratégie du binôme Président e CME / Directeur.
Comme Renault, comme L’Oréal, l’Hôpital doit insister encore plus sur la bonne vieille « réclame » en l’adaptant à la mode du jour.
Comment survivre si l’hôpital, situé en face de la clinique privée, jouit d’une ancienne et injustifiée mauvaise réputation, ne possède pas de site internet, ni journal interne, pas d’intranet et ne fait l’objet d’aucun article de presse locale sauf ceux décrivant les expositions de « Culture à l’Hôpital ? » Adieu médecins, recettes et développement, bonjour tristesse, CREB et « recomposition hospitalière »…
La recette marche à condition de l’appliquer sans mollir, mais avec humilité :
- Prenez d’abord un bon journaliste motivé et si possible doté d’un bon carnet d’adresse, donner lui de l’autonomie, des moyens, un bureau en face du vôtre,
- prenez ensuite une bonne poignée d’Euros pour un site internet au look sympa qui évitera à un candidat médecin de vous faire la remarque passablement désagréable qu’il a trouvé le site de la boucherie de la ville , mais pas celui de l’hôpital ;
- ajoutez un zest de courage pour faire le tour de tous les rédacteurs en chef de la ville en leur proposant une visite privée de votre établissement (avec bon petit repas si possible),
- n’oubliez pas aussi une pincée d’enthousiasme collectif en créant un journal interne tonique et positif pour éviter l’isolement du personnel et leur redonner ainsi du punch ; saupoudrez le tout de lucidité en donnant suite à toutes les demandes d’interviews, surtout quand il y a des cas difficiles afin de désamorcer les problèmes ( ne jamais tricher avec les médias),
- mettez au four ce plat consistant en montrant tous ces projets à la population dans la presse, la radio, la télé régionale, et servez tout chaud aux médecins libéraux, ces chers prescripteurs, que vous inviterez à la présentation en avant-première de nouvelles techniques lors de journées débat et autres portes ouvertes ;
- et n’oubliez pas d’inviter à table tous les médecins de l’établissement- internes compris- déguster ce plat tous les mois dans un « buffet froid médical », afin de renforcer l’ambiance et la cohésion médicale (si, si, cela existe et ça marche…)
Dans une ville moyenne, l’effet démultiplicateur est immédiat et la population reprend le chemin de votre hôpital, d’autant plus que l’établissement a en même temps recruté des médecins compétents du CHU voisin ou d’ailleurs, séduits par le tam-tam médical toujours très réactif.
La recette permet les recettes, essayez là !

Thierry LUGBULL
Directeur d’Hôpital
Elu national au C.A. de l’ADH

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