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L’hôpital public est-il trop bureaucratique ?

17 juin 2009

On entend souvent dire que la bureaucratie hospitalière est tentaculaire, qu’il y aurait un grand nombre d’administratifs dans les hôpitaux publics français. Examinons les chiffres, présentons des arguments et tentons de mettre fin à deux idées reçues.

1 - Les personnels administratifs [1] représentent seulement 11,6 % du personnel non médical

Les personnels administratifs regroupent environ 84 000 agents (équivalents temps plein) sur un total de 727 000 personnels non médicaux en 2005 dans les établissements publics (Etudes et résultats DREES, Octobre 2007). Cela représente 11,6 % du personnel non médical dans les hôpitaux en France. Contrairement aux idées reçues, l’hôpital public ne dispose pas d’une administration pléthorique. [2] Ce ratio est supérieur pour les établissements privés à but lucratif et atteint légèrement plus de 15 % du personnel non médical.

En outre, et toujours selon l’étude de la DREES, « au sein du personnel administratif, le personnel de direction occupe une part deux fois plus importante dans les établissements privés que dans ceux du secteur public (12 % contre 5%). » Ainsi, l’hôpital public ne dispose pas d’une bureaucratie et d’une administration extrêmement développée. Au contraire, elle fait face aux nombreuses réglementations qui s’imposent aux hôpitaux avec un minimum de moyens humains.

2 - Les hôpitaux publics sont enserrés dans un cadre législatif et réglementaire très contraignant

Les établissements publics doivent respecter un ensemble de normes législatives et réglementaires très importantes. En voici quelques exemples. L’hôpital public doit, d’abord, respecter 40 familles de règlements très hétérogènes, et notamment le Code des marchés publics, le Code de la santé publique, le Code général des collectivités territoriales… ; ensuite, les réponses face aux évènements exceptionnels (plan ORSEC et plan Blanc), les nouvelles vigilances face aux risques, le libre accès des patients à leur dossier… sont autant de réglementation qui s’imposent aux hôpitaux ; enfin, des circulaires longues et contraignantes, une analyse médico-économique de plus en plus fine (PMSI, groupe homogène de malades, groupe homogène de séjour…) et des enquêtes incessantes émanant des tutelles régionales ou nationales ajoutent un travail administratif supplémentaire aux médecins et agents des hôpitaux publics. Ce n’est donc pas l’administration de l’hôpital qui rend ce service public « bureaucratique », mais plutôt les textes législatifs et réglementaires qui régissent l’hôpital public en France. Certains parlent de « harcèlement textuel et réglementaire » qui provient de l’empilement des textes législatifs et réglementaires.

Fabien Verdier
Représentant ADH de la promotion EDH Avicenne 2008-2010


[1] Cette catégorie comprend les directeurs d’hôpital, les directeurs des soins, les secrétariats médicaux, les attachés d’administration hospitalière, les adjoints des cadres et les agents administratifs.

[2] Il convient d’ajouter que ces chiffres sur les personnels administratifs comptabilisent le nombre de secrétaires médicales, qui sont à la disposition des services et des médecins pour gérer l’agenda du service et taper les comptes-rendus médicaux...Elles représentent 26,5 % du personnel administratif, soit environ 21 000 agents en France.

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