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Gestion des risques sanitaires : y-a-t-il un coupable idéal ?

3 juillet 2009

Dans une société qui place le principe de précaution au premier rang des attentes des citoyens, comment le système de santé pourra-t-il répondre à l’exigence croissante de tendre vers le risque zéro, par essence impossible à atteindre ? La prise en compte des risques sanitaires suppose une modification en profondeur de l’approche de la santé publique, la prévention étant depuis longtemps le parent pauvre du système de santé.

Après avoir développé une approche hygiéniste de la santé publique, en prenant les « précautions convenables » pour prévenir les épidémies, la France est passée au vingtième siècle à un système sanitaire fondé sur le curatif. Cette approche a clairement trouvé ses limites à la fin du vingtième siècle, avec la mise en cause de la responsabilité des pouvoirs publics pour « carence fautive » dans les procès du sang contaminé et de l’amiante.

Désormais, la logique de causalité est privilégiée, laissant de côté la fatalité : il faut donc comprendre pour prévenir. La réduction des risques est prise en compte dans les politiques de santé publique, avec notamment la loi d’août 2004 et les différents plans nationaux de santé publique. Mais le retard accumulé peut-il être rattrapé ?

Parallèlement, les usagers demandent voix au chapitre, et exigent une transparence qui n’était pas de mise jusqu’alors. En réponse à cette évolution, l’analyse des pratiques professionnelles, et tout particulièrement les dysfonctionnements, incidents et accidents devrait permettre de réduire les risques évitables.

En revanche, n’y a-t-il pas une confiance et une attente excessive de la société civile à l’égard des établissements et professionnels de santé ? En cas de crise sanitaire majeure, qui sera tenu pour responsable des éventuelles défaillances du système ? Le dispositif actuellement déployé pour faire face à la grippe A illustre parfaitement les interrogations des professionnels quant aux rôles respectifs des différents acteurs.

Anne-Marie Fabretti
Déléguée régionale ADH Rhône-Alpes

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