Emploi Public.fr « Les DH touchés par l’inégalité H/F » - 09 03 12
10 mars 2012
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Les directions d’hôpital touchées par les inégalités hommes-femmes Publié le 09/03/2012
Chaque année, la journée de la femme, célébrée le 8 mars, constitue un rendez-vous privilégié pour dénoncer les discriminations socio-économiques qui touchent les femmes dans leurs carrières professionnelles. C’est donc tout logiquement que l’Association des directeurs d’hôpital (ADH) -et notamment sa commission dédiée à l’égalité des chances- a choisi cette date pour présenter son rapport 2012 sur l’égalité hommes-femmes dans un secteur qui n’est pas épargné par les écarts de salaires, de progression de carrière et par une certaine discrimination dans l’accès aux postes à responsabilités. Ainsi, au 31 décembre 2010, le corps des DH compte 3 400 « individus » dont 38 % de femmes. Mais seulement 17 % d’entre elles figurent parmi les chefs d’établissement et DGA de CHU, soit 92 directrices pour 500 directeurs. Des femmes surtout à la tête d’Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ephad, 22 %), de centres hospitaliers spécialisés (CHS, 15,9 %) ou de centres hospitaliers (CH, 15 %). Autre observation inquiétante : la proportion de femmes chute à mesure que le grade s’élève (classe normale, hors classe, emploi fonctionnel).
Rééquilibrage générationnel Si le corps des DH reste à forte dominante masculine (62 %), l’effet générationnel pourrait toutefois équilibrer la tendance avec la féminisation accrue constatée pour les jeunes générations (de 25 à 35 ans), ce dont témoigne l’évolution des promotions d’élèves directeurs. A rebours de la première classe de l’Ecole nationale de santé publique (ENSP) de 1961 qui était constituée à 100 % d’hommes, et encore à 62 % en 1998, la promotion 2009 de sa remplaçante, l’EHESP, présentait une parité parfaite. Il faudra pourtant de nombreuses années pour rééquilibrer une situation où, toujours selon l’étude de l’ADH, 80 % des présidents de conseils de surveillance d’établissements de santé de plus de 300 lits, 87 % de ceux de moins de 300 lits et 72 % de ceux des CHU etCHRU sont des hommes. Quant aux écarts de salaires, le secteur hospitalier fait pâle figure : le salaire moyen des hommes est supérieur de 28,7 % à celui des femmes contre « seulement » 23,6 % dans le privé, 15,8 % dans la fonction publique d’Etat et 13 % dans la fonction publique territoriale.
Des études par cohortes Pour remédier à cette “nette discordance entre le nombre de femmes DH et le nombre qui accèdent aux postes à haute responsabilité”, l’ADH préconise tout d’abord de mettre en place des outils de diagnostic fiables afin de “disposer de statistiques sexuées sur les indices de progression salariale, sur les candidatures à la direction d’établissements et sur les résultats liés dans les short lists et dans les nominations définitives”. Car, “à ce jour, ces données ne sont pas accessibles”, regrette l’association. Cette dernière est également favorable à l’élaboration de “cohortes” parmi les générations récemment issues de l’EHESP “afin d’étudier de manière panélisée et objective les évolutions de carrière”. Au-delà du diagnostic, il reste selon l’ADH à “favoriser les candidatures féminines, dans les équipes de direction, les responsabilités de pôles, et plus largement au sein de l’institution hospitalière, notamment auprès de la communauté médicale”. Toujours dans cet objectif de “sensibilisation”, elle suggère l’introduction d’enseignements inspirés des « gender studies » dans la formation initiale à l’EHESP et dans les autres formations. La diminution des inégalités comme critère d’évaluation De manière plus ambitieuse, elle propose de nouveaux critères d’évaluation aux organisations gérant les établissements de santé (Haute autorité de santé et/ou Centre national de gestion, Agences régionales de santé) lors de la procédure de l’évaluation annuelle des chefs d’établissement “sur leur type de management auprès de leur équipe de direction et de leurs cadres. Des mesures telles que le respect des horaires de réunions, des actions incitatives inspirées du label Égalité et des chartes de la parentalité devraient être valorisées dans ce cadre”, détaille-t-elle. Et l’ADH de rappeler l’une de ses préconisations avancées lors de son audition par la députée Françoise Guégot, (auteure d’un rapport en mars 2011 sur l’égalité professionnelle homme-femme dans la fonction publique) : intégrer les mesures d’amélioration des conditions de travail et d’avancement de l’égalité homme/femme dans les critères d’évaluation des directeurs d’hôpital.
Aurélien Hélias Emploi Public, tous droits réservés
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